La donnée sera au coeur de l’usine du futur

 Le digital et la donnée seront au coeur des usines du futur organisées autour de modes de production davantage orientés vers la demande sur-mesure. Explications avec Melania Domene, directrice de clientèle chez IBM, et Hubert Lalanne, CTO et Technical Leader pour l’Europe chez IBM dans le domaine de l’industrie.

Les clés de demain

Qu’est-ce que les nouveaux outils logiciels peuvent apporter à l’usine de demain ?

Melania Domene : Les responsables de production ont toujours pour objectif d’augmenter l’efficacité des processus de production des usines et de diminuer les coûts. La qualité est aussi au coeur de leurs réflexions. Ils veulent acquérir une agilité afin de réagir plus vite aux variations du marché, de moduler et d’adapter en permanence la production pour mettre plus rapidement les produits sur le marché. Tout cela est rendu possible car les processus de production, par le passé très linéaires, deviennent de plus en plus circulaires. Quand tout est interconnecté, on a des retours d’information en continu. On peut améliorer au fil de l’eau le processus de production, le design des produits, augmenter la qualité plus facilement et à moindre coût. 

Hubert Lalanne : Nous sommes face à une nouvelle transformation digitale de la manufacture qui est basée sur l’exploitation des données. Le digital sera au coeur de ces futures « digital factories » où les flux d’information irrigueront l’ensemble de l’entreprise de manière fiable et sécurisée, où la bonne information pourra être délivrée au bon moment. Les investissements sur les équipements sont toujours coûteux. Les industriels doivent pouvoir utiliser au mieux la donnée, y compris les données des réseaux sociaux, dans une approche de plus grande efficacité opérationnelle, mais aussi pour proposer autre chose au marché. Dans la logistique, l’accès à toute la chaîne d’information est un très gros sujet. Quand on fonctionne en flux continu, le partage d’information est une nécessité. Il y a déjà beaucoup de cas d’usage sur l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la supply chain, pour évaluer la fiabilité d’un fournisseur, par exemple.

Que peut-on attendre des technologies cognitives dans les nouvelles manières de produire ?

M. D. : Les technologies d’interaction en langage naturel, telles que celles que nous connaissons chez IBM avec Watson, permettent de converser avec un système. Dans certaines conditions, cela améliore le confort de travail des opérateurs. Lors d’une intervention de maintenance, la personne n’a pas forcément les mains libres pour interagir avec un écran et elle trouvera plus facile d’être accompagnée en langage naturel. L’industrie utilise déjà des fonctions de contrôle qualité visuelles. Le cognitif pourra apprendre à les automatiser et à les affiner. Les capacités de traitement de grandes quantités de données non structurées, très différentes des données analytiques classiques, facilitent la maintenance. Elles permettent aussi de mieux comprendre le fonctionnement et le cycle de vie des équipements. Cela pose des questions sur la sécurité de systèmes qui sont plus connectés que par le passé et donc plus vulnérables aux attaques. Il faut pouvoir gérer les risques dans un monde ouvert, voir comment se protéger tout en restant informé, évaluer l’impact d’une intrusion, décider où mettre le curseur par rapport au danger et au budget que l’on va y consacrer…

Quelle sera la place de l’homme dans ces usines ultra-connectées ?

H. L : Comme on va aller vers plus d’automatisation et d’autonomie des systèmes de production, il y aura sans doute très peu d’interactions humaines dans l’usine elle-même. Mais l’homme pourra avoir une visibilité totale des différentes actions sur la chaîne de production ou sur la chaîne logistique, à distance, à partir d’un centre de contrôle. Certains y voient un intérêt social pour sortir des modèles de production de masse, de type 3/8. Tout cela se fera très progressivement car la plupart des industriels s’engagent sur des transformations digitales à partir de l’outil existant. Les ruptures deviennent plus importantes quand ils mettent en place de nouveaux modes de production avec des drones ou des imprimantes 3D, par exemple. On n’est absolument pas dans la même perspective quand on utilise une pièce façonnée en série sur un tour ou bien à la demande, grâce à une imprimante 3D. Grâce à ces nouvelles méthodes de production, l’industrie pourra fonctionner de plus en plus en mode pull, avec des produits construits sur-mesure, en fonction de la demande. Cela nécessitera d’optimiser les flux de matière et les flux de données au sein de l’usine, mais aussi entre l’usine et ses prestataires. Tout ce qui pourra être produit sur place va permettre d’avoir une production industrielle plus économe en transport et plus respectueuse de l’environnement.

Contenu conçu et proposé par IBM 

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