#BigData : comment s’enrichir en partageant ?

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La donnée est le carburant de l’économie numérique. Cette image nous pousse à nous interroger sur les nouveaux processus de décision, d’analyse et de création de valeur, qui transformeront radicalement nos sociétés connectées. Comment gagner un marché, une élection, communiquer, produire, éduquer, livrer, soigner, assurer, financer…? Le traitement des données va façonner les services, les industries et les organisations de demain.

Cependant, la perception de l’économie de la donnée reste encore schizophrène dans les industries lourdes : la volonté d’exploiter la valeur des données y est brûlante, mais s’accompagne encore d’une peur panique de leur détournement. Certains groupes absorbent des start-up comme une pilule miracle ; d’autres recourent à des prestataires. Mais la plupart se crispent sur leurs données et confondent encore propriété et pouvoir, sans protéger vraiment l’une ni s’approprier l’autre. Les entreprises qui tireront le meilleur profit de l’exploitation de leurs données les auront placées à la confluence de marchés hétéroclites, pour créer des combinaisons efficaces échappant au contrôle d’un producteur unique. Sans « ligne Maginot ».

Prenons l’exemple des constructeurs automobiles, bardés de capteurs brevetés sur l’usage et l’usure, le comportement, la consommation, la localisation et la communication de leurs véhicules. Ces géants ont pu, un temps, fixer seuls les conditions d’ouverture de leurs données… Jusqu’au jour où des fabricants de pneus – Michelin, Goodyear Dunlop, Nokian Tyres – y ont intégré, ici une antenne GPS, là un accéléromètre ou un thermomètre. Ces pneus connectés peuvent ainsi produire des données concurrentes de celles issues du véhicule et de ses chers brevets ! Les développements récents démontrent que l’intelligence stratégique prend le pas sur la propriété. L’impératif pour les entreprises est de se concentrer sur leurs secrets concurrentiels, plutôt que sur des droits de propriété intellectuelle qui ne sanctuariseront pas leurs données brutes. Pour ne pas manquer sa cible, l’écriture de la confidentialité doit être repensée au sein de schémas donnant-donnant associant plusieurs acteurs. Le prestataire d’analyse de données pourra ainsi faire bénéficier chaque client de la mutualisation de ses capacités d’observation, qui seront bien plus riches que l’analyse en silo des données de chaque entreprise.

Dans le secteur de la construction, qui rattrape à grands pas son retard numérique, le crayon à papier-gomme fait désormais place à des tablettes tactiles qui digitalisent les plans et transforment radicalement les processus métiers, améliore la qualité et divise plusieurs fois les délais et les coûts.

Etienne Drouard
Etienne Drouard est avocat au cabinet K&L Gates.

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