Panama Papers ou la puissance de l’analyse collaborative de Big data !

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L’affaire des « Panama Papers » illustre les nouvelles possibilités offertes par l’analytique. Le « Data Journalism » démontre aujourd’hui la pertinence des technologies les plus modernes d’analyse de mégadonnées, qui sont également exploitées par les entreprises pour lutter contre la fraude.

Au-delà de ses conséquences et des informations mises en lumière, elle confirme la force d’un nouveau modèle d’information, mêlant journalisme collaboratif et « data journalism ». Car le volume d’informations à analyser était particulièrement étendu : 2,6 To de données, sous la forme de 11,5 millions de documents, revêtant une grande diversité de formats : e-mails, fichiers Excel, PDF, bases de données, images, etc.

Soit 10 fois plus d’informations que pour l’analyse des câbles diplomatiques « Wikileaks » en 2010. Un consortium de 370 journalistes a été spécifiquement créé pour tirer parti de toutes ces informations, en utilisant des technologies de traitement et d’automatisation des données – pour la plupart open source – très avancées.

La guerre contre la fraude est déclarée avec le Big data !

Si l’analyse des données a conquis ses lettres de noblesse en offrant un nouveau souffle au marketing (personnalisation, fidélisation), elle révolutionne aujourd’hui d’innombrables pratiques – de la maintenance à la logistique et la gestion des stocks, de la tarification à la création de nouvelles offres, voire de nouveaux business models. La lutte contre la fraude en est un exemple emblématique.

Ces technologies auront permis d’indexer des milliers de fichiers, de visualiser les corrélations entre différents éléments, et d’automatiser certains traitements pour faciliter l’analyse. Dans tout projet analytique, 2/3 du temps est généralement consacré à la collecte, l’intégration et le stockage des données. L’automatisation de ces opérations a donc permis de dégager plus de temps aux journalistes pour l’analyse.

Lutte anti-fraude : retour sur investissement garanti

Ces mêmes technologies sont exploitées aujourd’hui pour lutter contre la fraude. Ou plutôt les fraudes : à l’assurance, aux prestations sociales, bancaire, TVA, notes de frais, etc. Si l’analyse des « Panama Papers » débouchera peu ou prou sur des redressements fiscaux, la lutte contre la fraude forme un moyen essentiel, pour les États comme pour les entreprises, de récupérer un peu de recettes budgétaires.

Par exemple, la solution analytique de détection de fraudes au « Carrousel TVA » mise en oeuvre en Belgique en 2012 permet aujourd’hui de détecter 98 % des fraudes de ce type, ce qui représente plus d’un milliard d’euros récupérés chaque année ! Le taux de faux positifs a été réduit et le délai de préparation des investigations qui réclamait environ 3 semaines, est passé à seulement 5 minutes aujourd’hui.

Par ISABELLE NUAGE

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-157337-panama-papers-ou-la-puissance-de-lanalyse-collaborative-de-big-data-2001195.php?P7fSEmIUTJeUV8R1.99

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