Le Big Data n’entend pas se substituer au candidat ou au recruteur

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Pour François Béharel, président du groupe Ranstad France, les mégadonnées sont un atout précieux pour la recherche d’emploi.

Lundi 9 mai, Libération organise le forum Emploi : le bon code, une matinée de débats consacrée à l’emploi à l’ère du numérique. François Béharel, Président du groupe Ranstad France participera à la table ronde «Des algorithmes pour trouver un emploi ?».

Big Data. L’expression, sans conteste, a du succès. Aussi peut-il paraître incongru de se demander si cette étiquette, malgré les apparences, n’est pas trompeuse. Car même lorsqu’elle résonne en français – mégadonnées –, l’expression laisse poindre des accents technologiques qui voilent l’essentiel. Non que la technologie soit désormais reléguée à l’arrière-plan. Simplement, l’accès aux logiciels « open source » et l’essor des plates-formes de cloud computing mettent désormais le Big Data à la portée de chaque nouvelle start-up.

Résultat, investir massivement en recherche et développement (R&D) pour développer de nouvelles solutions n’est plus une nécessité absolue : la véritable innovation réside dans l’usage des données, toujours plus nombreuses au fur et à mesure que nos économies se digitalisent. Les entreprises les plus emblématiques de la nouvelle économie du partage le prouvent.

Sur des marchés existants – celui de la mobilité pour Uber et de la location courte durée pour Airbnb –, ces deux sociétés viennent bousculer des acteurs historiques pour mettre en relation une offre et une demande. Comment s’opère l’équilibre ? L’analyse puis l’exploitation des données vont permettre de mobiliser des ressources privées sous-utilisées (le propriétaire d’un véhicule dans le cas d’Uber ; des particuliers prêts à louer leur logement pour Airbnb) afin de répondre à un besoin. La prouesse n’est pas tant technologique que servicielle.

Un outil utile à la recherche d’emploi
En matière d’emploi, de telles perspectives ouvrent de nouvelles voies pour améliorer le fonctionnement du marché du travail. Et ce en raison de la nature du chômage dans notre pays. Le chômage en France est structurel, bien plus que chez nos principaux partenaires européens. La faute à des institutions inadaptées (code du travail, assurance-chômage, dialogue social, etc.) et à une gestion des données chaotique. Il en résulte des asymétries d’information qui pénalisent l’équilibre de l’offre et de la demande.

Résultat, trouver un emploi ou un candidat peut faire figure d’impasse. Le Big Data peut d’ores et déjà aider à en sortir. Par sa capacité à rendre intelligibles de très nombreuses données issues de sources aujourd’hui inexploitées, il permet d’éclairer les chemins de traverse menant au but visé. Un exemple. Une entreprise qui recherche en vain un robinetier saura qu’elle peut, à la place, recruter un mécanicien-ajusteur. Ces métiers partagent en effet assez de compétences pour qu’il soit possible d’établir entre eux une passerelle – quitte à introduire un peu de formation.

Le Big Data n’entend pas se substituer au candidat ou au recruteur. Il est en revanche un outil d’aide à la décision pour décrocher un emploi ou trouver la perle rare. Bref, une application plus qu’encourageante alors que l’Open Data est encore loin d’être une réalité. Quelle ne serait pas son efficacité si les données des services publics de l’emploi étaient totalement ouvertes!

Par François Béharel, Président du groupe Randstad France

http://www.liberation.fr/evenements-libe/2016/04/28/le-big-data-n-entend-pas-se-substituer-au-candidat-ou-au-recruteur_1449157

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