le #BigData pour aider les animaux sauvages menacés

25% des mammifères, 41% des amphibiens et 13% des oiseaux étaient menacés d’extinction dans le monde en 2015, selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature. Certains défenseurs de la faune se mobilisent donc pour venir en aide aux espèces en danger à l’image de l’Américain Gautam Shah, fondateur de la start-up « Internet of Elephants ». Son objectif : mobiliser les données enregistrées par les chercheurs pour mieux raconter la vie des bêtes dans la nature et créer un lien avec le grand public.

Après une vingtaine d’années passées en tant que consultant informatique dans une grande entreprise de Chicago, Gautam Shah décide de changer de vie : il déménage à Nairobi, au Kenya, pour se dédier à la nature. « J’ai toujours su que c’est ce que je voulais faire. Mais j’ai longtemps cherché comment je pouvais exploiter mes compétences pour contribuer à la préservation de la faune et de la flore. Dans les domaines de la santé, de l’agriculture ou de l’éducation, de nombreuses solutions numériques existent déjà au Kenya. J’ai constaté que cela n’était pas le cas de la protection des espèces animales menacées. »

Que se passerait-il si 20 millions de personnes se réveillaient avec des nouvelles de différents animaux, un peu comme vous pouvez voir les nouvelles de vos amis sur les réseaux sociaux ?

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Gautam Shah, qui s’intéresse entre autres choses à l’Internet des objets, y voit alors un fort potentiel. « De plus en plus d’animaux sauvages sont mesurés, on peut même dire quantifiés, par une multitude de capteurs placés par des chercheurs. Les informations qui sont enregistrées peuvent être passionnantes. J’ai donc pensé qu’il serait bon de les partager : que se passerait-il si 20 millions de personnes se réveillaient avec des nouvelles de différents animaux, un peu comme vous pouvez voir les nouvelles de vos amis sur les réseaux sociaux ? Ils se sentiraient plus concernés ».

Il commence alors à s’intéresser aux multitudes de data collectées sur les éléphants. C’est le début de l’aventure et sa start-up, Internet of Elephants, voit le jour.

Premier défi : accéder aux données liées aux animaux

Et le potentiel est fort car de très nombreux laboratoires traquent et collectent des données concernant des centaines d’animaux pour mieux étudier leurs déplacements ou encore vérifier leur état de santé.

« Il faut que la plupart de ces données soient rendues publiques : les données GPS, la vitesse de marche, le rythme cardiaque, les frontières des pays traversées voire même les bâtiments à côté desquels ils peuvent passer. »

Autant d’informations qui, une fois croisées et mises en forme de manière ludique sur une plateforme, pourraient permettre de mieux sensibiliser le grand public à ce que vivent ces animaux au quotidien :

« Pensez au lion Cecil, abattu par un chasseur en 2015 dans le parc national de Hwange, au Zimbabwe. Si les gens avaient mieux connu l’animal, suivi son actualité, sa vie dans les moindres détails, le chasseur n’aurait peut-être pas pris le risque de pointer son arme sur lui. L’animal aurait fait partie d’une communauté virtuelle. Rappelons-nous que ce sont 500 lions comme lui qui sont chassés chaque année ! Il ne faut pas avoir à attendre la journée internationale des lions, des éléphants ou celle des rhinocéros pour se soucier d’eux. »

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Un hackathon pour en finir avec la politique de l’autruche

Gautam décide d’organiser un premier hacktahon de 36 heures en novembre 2015. « Il me semblait important de structurer une communauté autour de la question. Cet événement a rassemblé 62 personnes : des designers, des entrepreneurs, des techniciens informatiques… J’ai décidé de le faire aux États-Unis parce que j’y ai trouvé des soutiens financiers. Nairobi est une ville où le marché des nouvelles technologies est encore très jeune et les entreprises sont moins enclines à se mobiliser autour de ces questions pour le moment. »

Parmi les solutions proposées : une application en réalité virtuelle destinée aux enfants, afin de les plonger au cœur de la vie sauvage et de l’appréhender d’un autre point de vue, une autre nommée « Habitap » permettant de suivre en temps réel un animal selon ses données corporelles et géographiques, ou encore un jeu interactif plongeant l’utilisateur dans la peau d’une bête en pleine savane… De quoi mettre la puce à l’oreille d’autres innovateurs.

Par Camille Gicquel / Photos : Elephants par Gautam Shah, Lion photo par Edge Earth licence CC BY 2.0

http://www.arte.tv/magazine/futuremag/fr/internet-elephants-le-big-data-pour-aider-les-animaux-sauvages-menaces-futuremag

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