Une entrée discrète dans le monde de l’open data

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Les données disponibles sur le portail open data ont permis la réalisation de cette carte interactive représentant le nombre de vel’oh! disponibles en temps réel dans la capitale. (Source: data.public.lu)

Validé en conseil de gouvernement en juillet et confirmé en janvier par Xavier Bettel, le portail open data du Grand-Duché fait ses premiers pas. En phase «preview», son contenu, encore loin d’être exhaustif, doit être présenté ce week-end.

Après avoir créé un cadre juridique garantissant la sécurité des données numériques, assoupli les conditions d’arrivée des spécialistes ICT ou affiché sa volonté de devenir la première nation connectée à l’ultra haut débit, le Luxembourg poursuit sa stratégie de se placer comme destination privilégiée pour l’utilisation des nouvelles technologies. La dernière étape en date de cette politique passe par la mise en ligne d’un portail open data, destiné à mettre gratuitement à disposition de tous des données issues des acteurs publics.

Adopté en juillet 2015 en conseil de gouvernement et confirmé lors des vœux à la presse du Premier ministre en janvier dernier pour un lancement «courant 2016», le nouveau site a été mis en ligne il y a quelques jours. Du moins, dans une première version baptisée «preview». Et ce, avant la mise à disposition du premier jeu conséquent de données prévue ce week-end, dans le cadre d’un hackathon.

Plus les données sont utilisées et réutilisées, plus elles créent de la valeur ajoutée.

Un membre de Digital Lëtzebuerg, derrière la création d’open data

Basé sur le modèle existant en France depuis 2011, l’open data luxembourgeois doit notamment viser à «ouvrir de réelles perspectives d’économies, au bénéfice tant des administrés que de l’administration», selon les éléments avancés par le conseil de gouvernement en juillet 2015. Et permettre par la même occasion au pays de quitter le 40e rang des pays les moins transparents, selon le classement 2015 de l’Open data index.

«La philosophie de ce portail tient dans le fait que plus les données sont utilisées et réutilisées, plus elles créent de la valeur ajoutée», indique une source proche du dossier, contactée par Paperjam.lu. «L’idée est que leur utilisation aboutisse à la création d’éléments novateurs à l’origine de bénéfices économiques ou à la mise en place de solutions à des problèmes sociétaux.»

Mise en ligne de données sur la mobilité

Plusieurs années après ses voisins, le Luxembourg a donc fait le choix d’ouvrir désormais l’accès à ses données, sur le principe de la gratuité. Et selon la vision du gouvernement, l’ouverture doit se faire en grand. Le projet de loi prévoit ainsi «la libre disposition des informations publiques de l’État, de ses établissements publics et, si elles le souhaitent, des communes ainsi que des personnes de droit public ou de droit privé chargées d’une mission de service public.» Sauf qu’à l’heure actuelle, l’ambition est loin de répondre à la réalité. Avec actuellement 37 jeux de données, issus du Statec, de l’Administration du cadastre ou de Météolux, le portail ne répond pas encore au souhait d’exhaustivité promu par le gouvernement.

«Au vu du retard accumulé en la matière, nous nous sommes basés sur ce qui existe ailleurs, justifie l’une des têtes pensantes du nouveau portail. Et ce qui fonctionne, c’est de mettre à disposition des jeux de données qui sont tout de suite exploitées dans le cadre d’un hackathon où de nouvelles applications peuvent naître.» Pour lancer le mouvement, ce sont donc des données en lien avec la mobilité qui seront mises en ligne. Un choix loin d’être innocent au vu du fort intérêt auprès du grand public que peuvent avoir ces informations.

Discrétion autour du coût du projet

L’implication des communes, voulue par le législateur, se fera donc, de fait, dans un second temps. Un choix que regrette Émile Eicher, président du Syvicol. Déjà surpris du lancement de l’initiative sans prise de contact, le président du syndicat de communes reste sur sa faim. «Nous n’avons toujours pas été consultés à ce sujet, alors même que nous sommes demandeurs de toute méthode de simplification administrative», assure-t-il. À l’heure actuelle, seule la Ville de Luxembourg a joué le jeu. Et aucune incitation particulière n’est prévue dans le projet de loi pour pousser les responsables communaux à livrer leurs données sur la plateforme.

En ce qui concerne l’enveloppe budgétaire dédiée au projet, aucun chiffre n’a été avancé par le ministère des Médias et de la Communication en charge de son suivi. Seules indications délivrées: data.public.lu utilise «des logiciels libres» et les principales dépenses sont «liées au paiement des horaires des développeurs». Censé être alimenté «au fil des mois et des années» selon le ministère, le portail luxembourgeois vise à être «un site évolutif», capable de répondre aux dévéloppements futurs. Parmi eux, la possibilité d’une interaction entre les différents portails européens que Bruxelles plébiscite comme facteur de développement de l’économie numérique. Une directive européenne prévoit ainsi le développement de ces plateformes au sein des «28» dans les années à venir.

Par Jean-Michel Hennebert
http://mobile.news.paperjam.lu/news/une-entree-discrete-dans-le-monde-de-lopen-data

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