La data, enjeu fondamental pour le gouvernement ?

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Jeudi soir au Palais de Tokyo à Paris, le cluster numérique francilien Cap Digital fêtait ses 10 ans. L’occasion pour les membres du gouvernement et la présidente de la région Valérie Pécresse de rappeler leurs engagements envers la libération de la data. Et la loi Valder dans tout ça ? 

Cap digital, le premier cluster numérique français a fêté hier soir ses 10 ans. Dix années que l’association met en avant les petites et moyennes entreprises dans un pôle de compétitivité innovant.

La plupart des invités ont rappelé l’évolution très rapide des technologies. Il y a dix ans ce pôle de compétitivité mettait en avant le jeu vidéo, aujourd’hui c’est la French Tech qui fait figure de vitrine. Les robots conçus par l’entreprise Aldebaran Robotics ont amusé la galerie tout au long des conférences. Soyons francs, le secteur de la robotique émerge tout juste aux yeux du grand public.

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data nao pepper romeo cap digital

En revanche, les contenus digitaux font maintenant partie intégrante de notre quotidien par l’intermédiaire du smartphone. L’enjeu majeur aujourd’hui, avant la robotique, c’est la donnée. Frédéric Mazella, président et fondateur de Blablacar a défendu l’importance du traitement du Big Data dans son moteur de recherche de covoiturage. Cela permet de créer la confiance entre les utilisateurs :

« Nous avons fait une étude sur la confiance entre les utilisateurs de notre plateforme. Les résultats sont incroyables […] Les personnes interrogées expriment un taux de 93 % de confiance en leur famille. Nous en vérifiant le numéro de téléphone, en indiquant la ponctualité, en ajoutant la photo et le compte Facebook de la personne, etc. On arrive à un taux de confiance de 88 %. C’est énorme ! »

Pourtant, la récente condamnation de Google pour non-respect du droit à l’oubli prouve bien la méfiance des internautes et des utilisateurs de ce genre de service envers la récupération des données. Natalie Rastoin directrice générale d’Ogivily France affirme :

« Deux tiers des citoyens considèrent que leur confiance digitale est négociable ce qui ne sera plus le cas demain. Cela veut dire qu’il faut imaginer les services qui correspondent à cette tendance, penser les contreparties pour assurer cette confiance. »

Il faut donc trouver un moyen de satisfaire toutes les parties, les entreprises et les citoyens. Le gouvernement et la région Île-de-France disposent en ce sens d’atouts non négligeables.

« La data, c’est mon dada ! »
data Nathalie rastoing cap digital

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Jean Louis Missika considère que son administration a conscience des obstacles liés aux nouvelles technologied, notamment aux données. L’adjoint à la maire de Paris en charge de l’urbanisme, de l’architecture, du développement économique et de l’attractivité de la ville de Paris déclare : « Les problèmes technologiques sont maintenant des problèmes de société ».

Il faut donc pouvoir faire sauter certains verrous pour faciliter le travail des startups et ne pas importuner les citoyens. Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France est intervenue en ce sens :

« Nous devrions vous donner plein d’informations ! Nous pourrions vous confier des données sur les transports, sur les lycées, sur la formation professionnelle, puisque ces domaines font partie de nos compétences. Mais pour cela, il faut les lois pour nous autoriser à le faire ».

Axelle Lemaire a de son côté salué le travail de Cap Digital tout en précisant les engagements du gouvernement pour libérer la data. « La data, c’est mon dada » a-t-elle déclaré avec humour.  Tout en rappelant les forces du projet open data en début de mandat de François Hollande, la jeune secrétaire d’Etat chargée du Numérique a mis sur le devant de la scène sans les citer les applications qui seront débattues « prochainement » au Sénat. Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie qui a fait une brève apparition en clôture des tables rondes, a soutenu peu ou prou le même discours.

L’exception à la règle
Pourtant, la récente Loi Valder dont les derniers décrets d’applications sont attendus au plus tôt pour la mi-avril, prévoit une liste des administrations ayant le droit de demander des redevances en contrepartie de l’obtention de jeu de données.

La libéralisation de la data étatique sera-t-elle synonyme de monétisation ? Un bien public ? S’il s’agit d’une exception à la règle, la mauvaise surprise vient du fait que ce ne sera pas la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) qui délibérera des tarifs, mais le COFEIA, le Conseil d’orientation de l’édition publique et de l’information administrative. Nos confrères de NextImpact ont interrogé des membres de l’association Regards Citoyens qui se désole de ce changement.

Le COFEIA serait soumis à l’influence du « lobby des marchands de données publiques« . Si cela représente un « frein » pour l’accès aux données pour un citoyen, il en va logiquement de même pour une startup ou une entreprise voulant exploiter ses informations dans un objet ou une application. Dans quelles mesures la Data peut-elle remplir les caisses de l’Etat ? Réponse dans quelques mois.

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Gaetan R
http://www.objetconnecte.com/data-enjeu-fondamental-gouvernement/

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