Avec « French Tech Ticket », Paris veut devenir une capitale du numérique

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François Hollande doit dévoiler mercredi les noms des 50 start-up étrangères qui bénéficieront du programme d’aide pour s’installer en France.
Lancé le 20 mai 2015 par la secrétaire d’Etat au numérique, Axelle Lemaire, « French Tech Ticket », le programme d’aide aux créateurs d’entreprise étrangers, accueille officiellement, mercredi 2 mars, sa première promotion à Paris. A cette occasion, le président de la République, François Hollande, révèlera les noms des cinquante lauréats dont les projets ont été retenus. La sélection fut plutôt rude : seuls 3 % des 1 372 postulants ont atteint la ligne d’arrivée lors des délibérations finales, en janvier.

L’objectif de cette opération ? Attirer les jeunes talents étrangers dans l’Hexagone. Pour les séduire, le gouvernement n’a pas hésité à déployer toute une batterie de mesures (avec 1,6 million d’euros de budget au total) destinées à leur simplifier la vie.

Accompagnement juridique et administratif

Chaque candidat retenu se verra octroyé une bourse de 25 000 euros pour un an et sera hébergé gratuitement pendant toute une année par l’un des dix incubateurs partenaires de la capitale. « L’enjeu est de tout mettre en œuvre pour qu’ils s’enracinent et qu’ils réussissent en France », précise David Monteau, directeur de la Mission French Tech, qui pilote l’initiative.

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Pour faciliter l’arrivée de ces entrepreneurs sur le sol français, une procédure accélérée pour l’obtention d’un titre de séjour a également été mise en place avec l’aide du ministère de l’intérieur. Les jeunes pousses étrangères profiteront par ailleurs d’un accompagnement juridique et administratif et d’une formation.

« POURQUOI LA FRANCE NE CRÉERAIT-ELLE PAS DES LICORNES ? »
Avec ce dispositif, qui devrait être étendu aux treize métropoles labellisées « French Tech » dès 2017, le gouvernement espère surtout faire de Paris une capitale du numérique capable de rivaliser avec les plus grandes places mondiales, que sont la Silicon Valley, Londres ou Berlin. C’est une ambition louable, mais beaucoup reste à faire pour qu’elle devienne une réalité.

« Ces écosystèmes ont une véritable richesse internationale, et cette diversité, indispensable pour créer un champion mondial du numérique, est encore insuffisante en France », regrette l’Américaine Meryl Job, cofondatrice de Videdressing.com et l’une des chefs d’entreprise ambassadrice du programme. « Notre pays n’était jusqu’à présent pas vu à l’étranger comme un terreau très fertile pour attirer des start-up. Mais les succès de Criteo [ciblage publicitaire sur Internet] ou de Blablacar [la plate-forme communautaire de covoiturage] ont montré qu’on pouvait créer une entreprise et réussir en France. La donne est progressivement en train de changer », analyse M. Monteau.

Chez Numa, l’un des incubateurs partenaires qui accueille depuis fin janvier trois lauréats du French Tech Ticket dans ses locaux, on insiste sur les atouts français : « Nous sommes le deuxième marché européen en terme de capital-risque et nous bénéficions d’un système d’aides à la création d’entreprise foisonnant. Alors pourquoi la France ne créerait-elle pas des licornes ? [les start-up promises à un bel avenir] », précise Romain Amblard, directeur accélération de Numa.

Par Zeliha Chaffin
http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/03/02/avec-french-tech-ticket-paris-veut-devenir-une-capitale-du-numerique_4875055_3234.html

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