Big data : y aller ou pas ?

Si, dans les entreprises, les données s’accumulent, des stratégies big data ne s’y sont pas pour autant généralisées. Parce que les interrogations que le big data suscitent sont nouvelles, comme doivent être renouvelées autant les modèles de développement économiques, que les outils ou les compétences.

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Doit-on l’appeler big data ? Data déluge ? Données massives ? Une chose est sûre, un véritable tsunami numérique s’est abattu sur nos entreprises et nos organisations. Chaque jour, nous produisons collectivement 2,5 trillions de données soit 1 milliard de milliard de données (10​ puissance 18). Selon une étude commandée par IBM, il apparaît que 90 % des données disponibles aujourd’hui ont été créées au cours des deux dernières années seulement !

Une autre enquête menée par le cabinet IDC évalue le volume de données générées par les objets connectés  à 40 zettaoctets (40 000 milliards de Go) en 2020. Et l’on pourrait continuer cette litanie d’études consacrées au big data : vertige garanti ! 

Autant le dire tout de suite, à ce niveau de production, il est bien difficile pour les entreprises de se retrouver dans cette masse documentaire en explosion perpétuelle. En France notamment où le big data reste une notion obscure pour de nombreux dirigeants. 75 % d’entre elles sont en effet incapables de donner une définition du big data (1). Un chiffre préoccupant qu’il convient de relativiser car il concerne essentiellement les PME. Les grandes entreprises, quant à elles, sont déjà évangélisées sur le sujet. Il n’en reste pas moins qu’au niveau opérationnel, seules 18 % des entreprises interrogées par Opinion Way ont mis en place un programme dédié aux méga données. Deux facteurs expliquent cette situation : l’insuffisance des infrastructures informatiques (serveurs, logiciels…) capables de digérer d’importantes masses de données et la pénurie de ressources humaines en mesure d’exploiter ces volumes.

Le marché français du big data représentait 285 millions d’euros en 2014. Il devrait s’élever à 652 millions d’euros en 2018 (2). La répartition de ce marché fait apparaître des gagnants et des perdants (relatifs) : c’est d’abord la filière infrastructure qui sera servie en premier avec la captation de 43 % du budget dédié au big data, suivie par les activités de service (33 %) et le logiciel (24 %). 

Des entreprises dépassées par l’ampleur du big data

Chez les archivistes, le stockage et la gestion des données massives sont en passe de bouleverser le métier : « Le big data a changé la donne et a fait apparaître de nouvelles méthodes, comme l’archivage sur place, l’entreprosage de données ou encore le stockage à court terme de contenus indexés, pour faciliter l’accès aux données », souligne Edward Lladky, président directeur général d’Iron Mountain France. Selon une enquête menée par le cabinet IDC pour le compte d’Iron Mountain, 64 % des entreprises françaises interrogées détiennent au moins six archives électroniques où sont stockées pêle-mêle des données structurées et non structurées. Et une partie importante d’entre elles (40 %) poursuivent ce type de stockage plutôt que de mettre en place un programme de big data.

Résultat : « les entreprises sont dépassées par l’ampleur du big data et peinent à extraire de leurs archives des informations exploitables. Dans les entreprises qui archivent tout, les données se transforment rapidement en marécages impraticables loin des « data lakes », ces lacs de données auxquels aspirent les entreprises qui ont une vision claire d’archivage », 

Suite de l’article : http://www.archimag.com/chiffre-du-jour/2015/11/26/big-data-aller-ou-pas

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