Les Big Data : un outil au service du développement et de l’environnement

Dans le cadre de son programme O4D (Orange pour le développement), Orange organise un challenge scientifique international baptisé Data for Developement.

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Le principe : utiliser les données d’usage de téléphonie mobile (celles de la Côte d’Ivoire en 2013 et du Sénégal en 2014) pour initier des projets d’amélioration du bien-être des populations en matière de santé, d’énergie, d’agriculture, de transport et d’urbanisme. Ludovic Centonze, directeur du projet O4D, explique comment les Big Data peuvent devenir un outil mis au service d’une urbanisation plus durable et respectueuse de l’environnement.

La loi des grands nombres

Chaque jour, 2,5 trillions d’octets (1) de données sont créées, diffusées et partagées du fait de nos usages sur ordinateur, téléphone mobile, du e-commerce, des médias sociaux, des objets connectés, etc. Et chaque année, plus de 2 Zetaoctets sont échangés en ligne. Afin d’être plus parlant, il faut savoir qu’un Zetaoctet équivaut à 1 000 Exaoctets. Ce n’est pas tellement plus clair ? Et bien sachez qu’un seul « petit » Exaoctet représente 36 000 années de vidéo HD (2) !
Ces chiffres donnent le tournis, et ce tournis a un nom : le Big Data. Une nouvelle révolution numérique qui consiste à extraire la « substantifique moelle » de ces montagnes de données pour en faire une matière palpable et, par-dessus tout, utile. Être utile, c’est par exemple se servir de ces données pour accompagner la transformation des villes.

 

En Afrique, ce sujet et une urgence critique : la démographie galopante des villes africaines constitue un défi urbanistique et environnemental majeur. Selon l’ONU, à l’horizon 2050, l’urbanisation y aura augmenté de 590% ! Aujourd’hui à Lagos (Nigeria), certains quartiers atteignent déjà une densité de plus de 150 000 habitants/km², contre 21 000 à Paris en 2012 (source INSEE) ! Sans parler, comme à Abidjan, des conditions de fonctionnement ultra-tendues des transports collectifs et partout, des embouteillages géants et leur lot de pollution automobile…
Les mégapoles africaines du 21è et du 22è siècles sont condamnées à se réinventer. Et les Big Data peuvent s’avérer un précieux allié.

Big Data, téléphonie mobile et « smart transport »

Anonymisées et exploitées avec des techniques de Big Data, les données d’usage liées à la téléphonie permettent d’avoir une vision précise des flux de trafic téléphonique et donc de la mobilité à l’échelle d’un pays. Ces informations fiables, précises et régulières offrent un potentiel considérable en matière de pilotage et de mise en œuvre de politiques publiques, notamment pour optimiser la gestion et la planification des territoires urbains et des transports publics.   
Un besoin face auquel les villes africaines ne sont pas « outillées », alors que celui-ci est primordial afin de définir des schémas directeurs pertinents et durables. Les nouvelles technologies, les Big Data en particulier, constituent une véritable aubaine pour aider les pouvoirs publics à mieux gérer une urbanisation galopante. Les outils de modélisation de la mobilité en temps réel permettent ainsi de visualiser, d’évaluer, d’anticiper et de planifier les besoins en infrastructures et services urbains 

 

Du Big Data à la Smart City, il n’y a qu’un pas ?

La smart city, c’est un concept et une vision renouvelés en matière de gestion urbaine. « Son approche se fonde sur une intégration et une appropriation des nouvelles technologies par la ville dans une perspective d’amélioration des politiques publiques urbaines.
Les villes d’Afrique, subsaharienne notamment, qui compteront 1 milliard d’habitants d’ici une vingtaine d’années, manquent des ressources financières, technologiques et/ou savantes pour devenir à leur tour des smart cities… »
Le traitement massif des données issues des réseaux de télécommunications, tel qu’Orange le propose dans le cadre de Data for Development, est un compromis idéal face à cette problématique. Hormis un investissement dans la formation d’experts du Big Data, la démarche ne génère aucun coût prohibitif et permet en plus de traiter des enjeux sociétaux nombreux et variés.
Bien sûr, la généralisation du traitement massif des données ne se fera pas en un claquement de doigts. Elle requiert, du côté des opérateurs, la mise en place d’outils open source permettant de générer des indicateurs comportementaux anonymes et conformes aux règles d’éthique fondamentales. Du côté des pouvoirs publics, il faut faire évoluer les réglementations pour instaurer des cadres juridiques adaptés aux enjeux du Big Data : protection des données personnelles, transparence, droits des personnes à l’information, d’accès aux données les concernant, etc. Enfin, les grands organismes d’aide au développement comme l’AFD ou la Banque Mondiale doivent intégrer ce nouveau domaine à leur champ de responsabilité et adapter l’accompagnement qu’ils proposent aux pays en conséquence.
L’émergence de smart cities en Afrique est loin d’être utopique…

 

D4D : un concours, tous gagnants !

« D4D est un grand concours que nous ouvrons, en lien avec des partenaires tels que le MIT de Boston, UN Global Pulse (le laboratoire Big Data de l’ONU) ou la Gates Foundation, aux communautés de chercheurs dans le monde entier, explique Ludovic Centonze. Nous mettons à leur disposition des comptes rendus d’appel téléphonique, préalablement traités et anonymisés, et eux activent leur matière grise pour imaginer des applications à valeur ajoutée dans différents domaines d’intérêt général : transport, mobilité, santé, énergie, etc. »
Le volume et la qualité des applications proposées par les chercheurs dans le cadre du challenge D4D témoignent de l’intérêt des informations socio-comportementales et économiques contenues dans les données transitant par les réseaux d’Orange. Parmi les multiples projets, on peut citer All Aboard – Tous à bord – consistant à analyser la mobilité urbaine en vue d’améliorer la planification d’un réseau de transport public. En utilisant les données de localisation des téléphones mobiles pour en déduire les flux « origine-destination » dans la ville et en les associant à un modèle d’optimisation, il est ainsi possible de définir les meilleures solutions pour accroître la qualité de service et la satisfaction des usagers. Le projet a fait l’objet d’une expérimentation à Abidjan et a été récompensé par le prix Orange D4D de « meilleure contribution au développement ».
Pour le challenge D4D Sénégal, six projets bénéficient de fonds provenant de la Gates Foundation et sont en cours d’approfondissement – une étape préalable à la conception de services opérationnels et généralisables.

http://www.orange.com/fr/actualites/2015/novembre/Le-Big-Data-au-coeur-du-developpement-durable

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