Quand le data sharing devient le nouvel eldorado

Qu’est-ce qui émerge dans la Silicon Valley et quels sont les enjeux qui se dessinent pour les grandes entreprises et agences internationales ?

Après quelques semaines seulement à San Francisco, il serait bien arrogant de ma part

image

d’écrire sur une projection de ce qui s’y passe… Aussi, j’aimerais revenir sur ce que je perçois des évolutions dans la Silicon Valley sur ces trois dernières années, au fil des réunions de travail et des rencontres, en y étant venue tous les semestres. On pourrait résumer cela par « Think Big, Start Small, Scale Fast » !

Si l’on revient trois ans en arrière, on parlait surtout infrastructures IT et couches de service autour de l’écosystème open source et d’Hadoop. Les experts IT des grands groupes se posaient les bonnes questions pour avoir des hubs data sécurisés, permettant aux responsables business et data scientists d’explorer des données, et de la manière la plus aisée possible. On parlait alors de Big Data pour souligner l’importance des volumes stockés et exploités.

Il y a deux ans, le business et le client étaient au centre des discussions. On découvrait les résultats des premiers « use cases ». Datasift partait de Twitter pour de l’analyse sémantique et aidait des entreprises à fidéliser leurs clients par rapport à leur concurrents. Quantifind révélait à un « telco » américain d’où vient son « churn » en croisant des données de transactions avec le social média. L’enjeu devenait pour tous le meilleur ciblage du client (« the relevant message at the right place and the right moment »). La sémantique utilisée était alors « data analytics » et « data intelligence » pour une connaissance plus fine des clients et une meilleure expérience client.

L’an dernier, la notion de Big Data signifiait pour tous croiser, et ce le plus possible en temps réel, d’énormes volumes de données internes et externes (issues de partenaires et du web) grâce aux capacités technologiques de stockage et de traitement.

Aujourd’hui, le temps passé en discussion tourne autour du « machine learning » et de la capacité à prédire le comportement du consommateur. Les start-up ont commencé par la langue anglaise dans leurs analyses, avant de passer à l’espagnol, et au français. On est passé à la notion de « predictive analytics ». Les machines à leur place, et les hommes à la leur : celles-là pour augmenter la capacité de traitement à des niveaux jamais vus, ceux-ci pour donner du sens à la démarche, raconter les histoires, mettre en perspective (le fameux « Think Big »).

What’s Next

Préparons-nous donc car les entreprises et les agences qui auront la plus grande courbe d’expérience – en ayant essayé, échoué souvent, recommencé (« test and learn »), avec des équipes transversales IT et business, apprenantes, agiles, ouvertes sur l’extérieur, avec des cas concrets et des performances sans cesse améliorées – seront les plus à même de comprendre la valeur de leur data.

Alors « what’s next » ? Après le « first » et le « second party data », c’est l’ère du « third party data » : partager des données avec des tiers tout en respectant les règles de sécurité et de vie privée des clients, afin de créer de la valeur ajoutée pour eux et bien sûr de la valeur pour l’entreprise. Ce sera l’heure des méga-alliances, des partenariats intelligents entre des acteurs de grande taille et d’autres de petite taille, mais avec une affinité sur un enjeu clé.

Les start-up françaises et acteurs de la data en France ne s’y sont pas trompés : créer ses alliances passera par là où sont les Data Management Platforms (DMP) géantes et où sont les OTT, donc dans la Silicon Valley qui devient plus que jamais incontournable. Cela fait plaisir de voir des DMP comme Ysance ou Numberly (1000 Mercis) présents de Palo Alto à San Francisco. Et voir se dessiner d’autres projets de grands talents de l’analyse prédictive dans la région.

Vu d’ici, nous avons, nous « les petits Français », une carte à jouer : notre image de forts en maths et en algorithmes, notre compréhension culturelle européenne des enjeux de « privacy ». Alors, à fond, c’est maintenant que le jeu de cartes se distribue !

Odile Roujol, Advisor Next World Capital NWC à San Francisco

http://www.strategies.fr/blogs-opinions/idees-tribunes/1028292W/2-11-2510/quand-le-data-sharing-devient-le-nouvel-eldorado.html

Publicités

Une réflexion au sujet de « Quand le data sharing devient le nouvel eldorado »

Les commentaires sont fermés.