La sécurité publique à l’heure du big data

L’usage du big data permet de renforcer la sécurité des citoyens, mais aussi de renforcer leurs relations avec les forces de l’ordre.

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Signe d’une évolution profonde des technologies de l’information, les données sont désormais utilisées par de nombreux acteurs du paysage économique. Servant aussi bien à comprendre le comportement des clients qu’à lutter contre les fraudes bancaires, elle est aussi devenue une arme indispensable pour les organismes de sécurité.

En effet, au cours des 20 dernières années, nous avons assisté à un renforcement des lois autorisant le recours à l’analyse de données pour renforcer la sécurité publique. Outre cet objectif, il s’agit désormais de satisfaire des exigences croissantes en termes de transparence, de prévenir toutes formes d’inconduites des forces de l’ordre et par dessus tout, de restaurer une relation de confiance entre les organismes de sécurité et les communautés, notamment celles touchées par le crime et la violence.

Renforcer la confiance des citoyens envers les forces de l’ordre

C’est sur ce dernier objectif que la Maison Blanche a concentré ses efforts. Dans un contexte de recrudescence alarmante des actes de violence commis par les forces de police, l’exécutif a instauré, en mai 2015, « The Police Data Initiative ». Cette mesure vise à renforcer la confiance des citoyens envers les forces de l’ordre par la transparence et l’amélioration de l’analyse des données.

Les villes participantes au « Police Data Initiative »

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Carte des villes concernées par « The Police Data Initiatives »

La Maison Blanche propose ainsi aux officiers, détectives et autres responsables des 21 villes participantes de collaborer avec des experts du big data. Le but est de démontrer l’efficacité de l’usage des données et d’instituer des bonnes pratiques de partage des connaissances et de résolution de problèmes pouvant servir d’exemples aux services de police à l’échelle nationale.

Forte de cette impulsion, la ville d’Hampton, qui participe à l’initiative, a également développé un portail d’open data en Octobre 2015. Ce dispositif donne cette fois-ci aux citoyens un accès direct aux statistiques sur la criminalité, aux situations impliquant des officiers de police et d’autres informations fréquemment demandées. Les utilisateurs de la plateforme peuvent télécharger et sauvegarder ces informations.

Recourir à des experts pour optimiser l’usage des données

La ville de Vallejo, en Californie, souhaite quant à elle mettre la technologie au service de l’amélioration de la sécurité publique et de la qualité de vie des résidents. Cette ambition a été mise en lumière par le sergent Brenton Garrick lors de l’édition 2015 du sommet de Code For America, une organisation fondée en 2009 dont la mission première est de faciliter la vie des citoyens américains à l’aide de la technologie. Responsable de l’engagement communautaire, le sergent a souligné la nécessité de « développer plus d’outils facilitant le partage des informations entre les résidents et les policiers ». Pour répondre à cet impératif, la ville a créé un partenariat avec l’organisation pour le développement d’outils visant à renforcer la confiance entre les résidents de la ville de Vallejo et la police.

Les équipes de Code for America collaborent avec les officiers sur le développement de deux applications. La première permet aux résidents d’informer la police d’éventuels problèmes, la seconde permet aux pouvoirs publics d’informer les résidents des services de police à leur disposition. Dans ce cadre, l’analyse de la donnée s’inscrit dans une démarche de prévention. Elle a donc pour vocation de rétablir de la proximité et des interactions entre les structures de sécurité et les individus, afin de renforcer la confiance de ces derniers.

Toutefois, la surcharge de données et le manque d’expertise en matière de traitement des informations peuvent nuire à la prévention et à la détection de nouvelles menaces. De nombreux organismes ne sont ainsi pas en mesure de donner un sens à la richesse des données qu’ils détiennent. Dès lors, les services de sécurité doivent s’assurer de réunir les bons interlocuteurs avec les bonnes compétences afin d’élaborer les stratégies qui permettront de tirer profit des données de manière optimale.

Par Charlène Voltat
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