Les meilleures pratiques numériques du CAC 40

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La deuxième édition du palmarès eCAC40, réalisé par « Les Echos Business » et Gilles Babinet, met en lumière les initiatives des entreprises les plus digitalisées.

L’édition 2015 du palmarès eCAC40 sur la maturité numérique des grandes entreprises françaises salue la première place d’AXA, passé en un an de la vingt-deuxième place à la tête du classement.

Trente-six des sociétés les plus importantes de la cote française se sont soumises au questionnaire en ligne imaginé pour « Les Echos Business » par Gilles Babinet, le digital champion de la France auprès de la Commission européenne. Leurs réponses font émerger un panorama de bonnes pratiques à mettre en place par toute organisation en quête de transformation numérique. Focus sur cinq d’entre elles.

Distiller une culture du numérique à tous les niveaux
Les réseaux sociaux accélèrent les échanges entre collègues ainsi qu’avec les clients. Le Big Data rend de plus en plus nombreuses les possibilités d’analyses de données. Et les smartphones et les tablettes permettent de travailler en mobilité. Ces changements touchent tous les étages des sociétés, sans distinction de rang hiérarchique ou de niveau d’étude.

La plupart des entreprises du CAC 40 l’ont bien compris et s’attachent à sensibiliser l’ensemble des collaborateurs aux nouveautés numériques. A l’image d’Engie (2e de notre classement). « Les cols bleus doivent aussi profiter de la technologie », affirme Marc Florette, le directeur du numérique d’Engie. Il a déjà équipé une partie des techniciens de tablettes à utiliser sur les lieux d’installation. Il réfléchit maintenant à adresser aux 130.000 collaborateurs du groupe un programme de vidéos courtes définissant les mots clefs du numérique. « Dans le même temps, le manager doit être exemplaire », poursuit Marc Florette en évoquant un programme de formation en ligne par 30.000 managers volontaires. Quant aux dirigeants, il leur est proposé un programme de mentoring inversé : de jeunes collaborateurs font la leçon aux patrons pour les initier aux réseaux sociaux et aux usages sur tablettes. N-1 du PDG et membre du comex, Marc Florette se fait fort d’entretenir « l’ouverture » chez ses pairs. Une formation également en place chez AXA et fort appréciée par Henri de Castries, le président du groupe : le reverse mentoring. « Je l’ai fait avec mon comité exécutif. C’est quelque chose d’élémentaire quand on constate que des gens de moins de 30 ans ont créé des entreprises dans le numérique qui valent des milliards en capitalisation boursière : pourquoi ne pas faire confiance à ceux qui ont le même âge qu’eux et qui travaillent chez nous ? » estime-t-il, convaincu que « personne ne demande aux dirigeants de savoir ce que les plus jeunes savent très bien faire. »

Renforcer les liens avec l’écosystème
Plus agiles, les start-up ont beaucoup à apporter aux grandes entreprises. Beaucoup cherchent à s’en rapprocher pour travailler avec elles. Afin d’optimiser ses chances, le groupe BNP Paribas (3e de notre palmarès) est allé jusqu’à revoir sa politique d’achats pour raccourcir ses délais de réponses. Objectif : coller au rythme de vie d’une start-up, qui ne peut pas toujours attendre six mois, voire un an la réponse d’un client potentiel. Les différentes branches métiers du groupe bancaire ont donc dû gagner en autonomie pour la désignation de leurs partenaires. En parallèle, BNP Paribas se montre également proactif pour favoriser l’émergence de ces pépites, que ce soit en investissant au capital de certaines ou en accueillant leurs équipes au sein d’incubateurs. « Depuis 2012, nous avons hébergé 215 start-up dans nos start-up houses, dont 108 sur la seule année dernière », détaille Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas.

Exploiter les données pour une vue globale des clients
Le CAC 40 s’affiche en ligne. Via leurs sites Internet, leurs applications mobiles et leurs comptes sur les réseaux sociaux, les entreprises multiplient les contacts numériques avec leurs clients. L’enjeu est maintenant de générer des ventes ou de dresser un portrait plus précis de chacun d’eux à la suite des différents échanges. Un défi manifeste pour des groupes qui comptent plusieurs marques et plusieurs filiales, qui parlent aux mêmes consommateurs, avec une idée précise de qui ils sont. Pour sa part, Vivendi (6e) essaie d’unifier toute cette connaissance client. Tous les trimestres, les spécialistes de l’étude des données – les fameux data-scientists – des différentes entités du groupe se réunissent. « Ils réfléchissent aux manières d’identifier chaque consommateur sur les différents sites du groupe », explique Lucas Serralta, le directeur expérience digitale de Canal +. L’objectif est, par exemple, d’identifier l’internaute adepte des résumés de matchs de football sur Dailymotion pour que Canal + puisse proposer une offre mieux ciblée à ce prospect. Mais, si les problématiques informatiques ont été résolues, pour l’instant, les différentes entités du groupe ne s’échangent pas de données. L’autorisation de la direction juridique se fait attendre.

Maîtriser les risques du « cloud computing »
Les usages dépendent d’outils et de réseaux : sans soubassements technologiques, pas de transformation numérique. Afin de ne pas s’épuiser dans une lutte contre l’obsolescence de leurs équipements et de générer des économies, de grands groupes adoptent l’informatique mutualisée et à distance. En clair, ils confient une partie de leurs données et de leurs applications aux serveurs d’un prestataire qui travaille pour plusieurs clients. Ce type de système « cloud computing » offre aussi l’avantage de garantir un accès aux données partout dans le monde… tant qu’un accès à Internet est possible. C’est le choix de Schneider Electric (5e), grand adepte du cloud public. « Nous hébergeons ainsi les applications orientées vers les clients, comme notre système de relation client mais nous gardons en interne les applications que nous utilisons pour développer nos produits », précise Hervé Coureil, le directeur des systèmes d’information de Schneider Electric.

Rester discret sur la cybersécurité
Avec la multiplication des affaires de « cyberinsécurité », les grandes entreprises s’inquiètent des menaces de vols d’informations ou d’usurpations d’identité. Bonne nouvelle, elles semblent avoir compris que la discrétion est une première défense contre les cybercriminels, aux aguets pour attaquer celles qui se prétendent les mieux défendues et partager ainsi « l’exploit » avec leurs communautés. Pour cette étude eCAC 40, peu d’entreprises ont souhaité répondre aux questions relatives au budget qu’elles attribuent à la couverture de ce risque. Certaines ont ainsi tenu à garder confidentiel le nom de leur responsable de la sécurité informatique.

Par Florian Dèbes
http://m.business.lesechos.fr/directions-generales/innovation/innovation-technologique/021383035314-les-meilleures-pratiques-numeriques-du-cac-40-203616.php

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