L’open data public en ordre trop dispersé ?

Que les services publics se mettent à l’open data c’est bien. Que la direction du budget lance une app et l’Assemblée nationale un site pour ouvrir ses données et documents sont des signes encourageants d’une mutation numérique de l’État en marche. Mais un peu de cohérence dans les démarches ne nuirait pas… d’autant qu’un site central, data.gouv.fr existe bel et bien déjà.

L’open data public en ordre trop dispersé ?

N’en jetez plus. Le 1er juillet, la DILA (Direction de l’Information légale et administrative) a publié l’arrêté relatif à la réutilisation gratuite de ses bases de données économiques. Et plus de 17 millions d’annonces officielles (civiles, marchés publics, annonces légales obligatoires, etc.) sont désormais accessibles au public à partir de data.gouv.fr et de rip.journal-officiel.gouv.fr.

A CHACUN SON OPEN DATA ?

Le même jour, la direction du Budget mettait à la disposition du public (sur l’AppStore etGoogle Play) une application gratuite, Budgetek, permettant de consulter rapidement et simplement l’ensemble des documents budgétaires soumis au vote du Parlement et leurs annexes. Des documents complexes, dont on s’interroge sur la nécessité de les fournir via un outil dédié à une consultation en mobilité sur smartphone et tablette. On peut aussi se demander si une réelle réflexion d’usage a été menée avant le développement d’une telle app, au demeurant sobre, élégante et simple à utiliser. D’autant que pour publier un fil d’actualité et des liens vers des documents… un fil Twitter et une pageFacebook, voire un site Web bien développé, font très bien l’affaire.

Quelques jours plus tôt, c’est l’Assemblée nationale qui lançait son propre site open data, data.assemblee-nationale.fr, mais davantage pour y publier des documents (listes de députés, d’amendements, de compte-rendu de réunions et des informations sur la réserve parlementaire) que des jeux de données réellement réutilisables.

QUID DE DATA.GOUV.FR ?

Pourtant, il existe bel et bien déjà un portail pour publier les données ouvertes de tous les services publics français : data.gouv.fr. Certes, on savait que, malgré les réunions interministérielles autour du numérique, chacun verrait encore midi à sa porte. Le fait que le numérique soit encore rattaché au ministère de l’économie, et non au Premier ministre n’arrange rien. Lueur d’espoir pourtant. Un décret à l’étude pourrait aboutir à ce que les services numériques du secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP) fusionnent en une seule direction chargée de décloisonner les compétences en termes d’infrastructures informatiques, d’usage et de diffusion des données publiques. Ce serait une bonne chose. Car, à ce rythme-là, on risque de se retrouver avec autant de sites et d’applications d’open data publiques que de services ! Pas très efficace. Et la France perdrait la 4e place des nations ouvertes, selon l’ONU, dont elle est si fière.

AURÉLIE BARBAUX

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