Le big data se met à l’alternance

Les formations liées au traitement et à l’exploitation des données massives (big data) ont fait leur entrée depuis trois ans à peine dans les établissements d’enseignement supérieur mais, déjà, la discipline a sa déclinaison en alternance. Si, pour le moment, seuls quelques acteurs les proposent en fin de cursus, aux diplômés bac + 3 ou 4, ou encore dans le cadre de la formation continue, le secteur pourrait vite surfer sur deux vagues en même temps.

En 2014, le gouvernement a lancé un plan « big data » qui vise à créer 80 000 emplois dans ce domaine d’ici à 2020

En 2014, le gouvernement a lancé un plan « big data » qui vise à créer 80 000 emplois dans ce domaine d’ici à 2020, et le président François Hollande a fixé, en 2013, l’objectif d’atteindre 500 000 alternants d’ici à la fin de son mandat.

Le dernier palmarès SMBG, qui classe depuis dix ans les meilleurs masters et MBA de France dans une cinquantaine de spécialités, décerne une médaille de bronze dans la catégorie big data au master mobiquité, bases de données et intégration de systèmes, de l’université de Nice Sophia-Antipolis. Axée sur l’informatique, cette formation pionnière, créée en 1992, est accessible en contrat d’apprentissage.

D’autres établissements proposent des formations en alternance qui mettent l’accent sur leurs spécialités. Ainsi, l’Ecole nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae) alliée à ParisTech a créé, en 2014, un mastère spécialisé en data science ainsi qu’une spécialisation de son cursus d’ingénieur dans cette nouvelle discipline.

« Former des profils hybrides »

Ces deux diplômes, ouverts à l’alternance, « reflètent l’ADN de l’Ensae : la statistique, l’économie, la finance. Avec la donnée pour lien », indique Romain Aeberhardt, directeur des études de l’école. Le programme de mastère est axé sur trois piliers : méthodologie, technologie-logiciel et champs d’application.

Les écoles de commerce ne sont pas en reste. A la rentrée 2015, Paris School of Business (ex-Ecole supérieure de gestion) ouvre un master of science (MSc) en data management, en partenariat avec l’école d’ingénieurs en informatique et technologies du numérique Efrei de Villejuif.

Labellisé par la Conférence des grandes écoles, ce cursus a pour ambition de « former des profils hybrides avec des compétences techniques en data  ». Il s’appuie sur « la collecte et l’analyse de données dans le cadre de la définition de stratégies en marketing », explique Rony Germon, son responsable.

 Nouveaux spécialistes

 « Il y a encore quelques années, on faisait appel à son intuition pour capter une tendance et lancer un produit, poursuit-il. Aujourd’hui, avec les masses de données cybernétiques devenues accessibles, nous sommes en capacité de comprendre ce que les consommateurs recherchent. »

La formation, organisée pour favoriser l’alternance, pourra être prise en charge par le salarié, son entreprise ou un organisme paritaire collecteur agréé (OPCA) dans le cadre de la formation continue.

Les plus gros recruteurs du secteur comme Axa ou IBM se disent intéressés par ces nouveaux spécialistes de la data qui permettent une diversification des profils au sein des équipes, ainsi qu’une fidélisation à l’entreprise et à ses valeurs. Ils louent les atouts de ces futurs collaborateurs potentiels, tout en privilégiant pour le moment les formations classiques… vieilles de trois ans.

  • Séverin Graveleau journaliste au Monde
Publicités