Big Data : les questions que se posent les futurs professionnels

Auteur d’un ouvrage consacré au Big Data et au smart data, Fernando Iafrate a répondu aux questions des étudiants de Ionis-STM. Leurs interrogations reflètent leurs inquiétudes.

Le Big Data pose question. Des consommateurs avertis s’interrogent sur la puissance des algorithmes. Ces formules mathématique traitent de gigantesques quantités de données et présentent des informations personnalisées à chaque internautes qu’ils croisent. Au risque de les éloigné d’autres sources moins bien cotées selon leurs opaques critères. Des sénateurs veulent imposer aux plate-formes numériques, par exemple Google, d’ expliquer le fonctionnement de leurs filtres aux utilisateurs . Dans ce contexte, les professionnels de l’analyse des données sont constamment confrontés à des questions d’éthiques. C’est heureux, les étudiants qui dans quelques années vont renforcer leurs équipes, sont aussi sensibilisés aux dangers de ces technologies en cas d’utilisation maladroite.

Le 14 avril dernier, une cinquantaine de ces futurs professionnels, inscrits au cursus double-compétences de la Ionis School Of Technology and Management (Ionis-STM), ont écouté la présentation de Fernando Iafrate, auteur de Du Big Data au Smart Data au service d’un monde connecté (Iste éditions). Par ailleurs responsable Business Intelligence pour Disneyand Paris, l’expert a décrit le monde du numérique d’aujourd’hui, où les données sont collectées à tout va sans vraiment savoir dans quel but elles seront analysées. La plupart du temps, ces informations qui peuvent décrire les habitudes d’un consommateur sont traitées par des marques. Le spécialiste a aussi anticipé l’univers des données de demain, quand intelligence artificielle et robotique rendront une quantité infinie de services aux Hommes. Parfois, ils prendront des décisions et agiront d’une façon qu’un humain n’aurait pas approuvé, pour le meilleur ou pour le pire… A la fin de l’exposé, les questions, parfois inquiètes, des étudiants ont fusé.

« En utilisant nos données, les marques ne vont-elles pas être confrontées à un problème de confiance ? »

Les étudiants s’interrogent sur l’image de leurs futurs métiers. La réponse de Fernando Iafrate laisse la place à l’interprétation. « Il n’y a pas plus de raisons d’avoir peur du Big Data aujourd’hui que nos parents en ont eu d’avoir peur de l’atome ». A l’époque, la plupart des Français étaient rassurés par l’énergie nucléaire. La plupart des internautes français devrait donc se faire à l’idée que ses données seront exploitées par des marques pour proposer des offres personnalisées. Mais le doute subsiste aujourd’hui quant aux risques et à la sécurité à long terme du nucléaire. De la même façon, des internautes tenteront sans doute longtemps de résister à la segmentation-client par les données.

« Y-aura-t-il une tendance à la non-donnée ? »

Fernando Iafrate ne croit pas que certaines personnes se déconnecteront pour protéger leurs données. Depuis qu’Internet existe, le nombre d’internautes n’a jamais baissé. La moitié de l’Humanité n’a toujours pas accès à Internet. Certains géants du numérique (Google, Facebook,…) s’attellent déjà à la tâche en lançant des projets futuristes pour connecter ces populations. Bon an, mal an, ils obtiennent de premiers résultats, comme Facebook en Inde.

« Le gouvernement se positionne-t-il pour défendre nos données ? »

Organisé au Moda Doni Institute (Paris), la conférence se tenait en même temps que l’Assemblée Nationale débattait à propos du projet de loi sur le renseignement. Désormais votée en première lecture, ce texte prévoit la possibilité pour les services secrets d’accéder aux méta-données de connexion des internautes suspectés, entre autre, de terrorisme. Une application du Big Data. L’inquiétude des étudiants résonnait donc avec l’actualité. Fernando Iafrate précise que les lois existantes ont déjà bien du mal à être respectées quand il s’agit de protection des données, même contre des entreprises multinationales.

« Quels sont les métiers du Big Data ? »

Fernando Iafrate a déploré devant les étudiants le manque de statisticiens, dont l’évolution du métier les conduit à devenir data-scientist. Evidemment il a rappelé à son audience, très intéressée par le marketing, que les métiers de la relation-client ont été bouleversés par les réseaux sociaux. Analyser les données provenant de ces plateformes de communication devient une part importante de leur futur travail.

« Avec l’automatisation accrue, les métiers du Big Data sont-ils un débouché sûre à long terme ? »

L’intelligence artificielle effraie les futurs professionnels. Peut-être à raison. Fernando Iafrate ne peut être affirmatif dans sa réponse. « Dans dix ans, tout aura changé », estime-t-il sans savoir à quoi s’attendre.

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Fernando Iafrate (Responsable business intelligence, Eurodisney)

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