L’open data stimule la démocratie : 5 preuves

Dynamiser l’économie, moderniser le service public, renforcer la transparence de la vie publique : sur le papier, l’open data est paré de toutes les vertus. Qu’en est-il dans les faits ? Sur le fondement de retours d’expériences, Jonathan Gray, directeur des politiques et de la recherche à l’Open Knowledge, identifie dans une tribune pourThe Guardian cinq voies par lesquelles l’open data stimule la démocratie, exemples concrets à l’appui.

La justice sociale et la responsabilité démocratique sont des thématiques souvent laissées-pour-compte des rapports et discours autour de l’open data. Pourtant, c’est dans leur cadre que Jonathan Gray identifie cinq apports manifestes de la dynamique open data dans nos démocratie.

1 – Des impositions plus justes

C’est grâce aux données publiques queGlobal Witness peut débusquer l’utilisation de sociétés écrans anonymes par les entreprises qui chercheraient à éviter de payer l’impôt, ou encore qu’un projetcitoyen peut identifier les filiales des banques installées dans les paradis fiscaux – en s’appuyant sur la base OpenCorporates.

2 – La protection des fonds publics

Ce sont des données publiques qui permettent à des citoyens Slovaques de dresser une cartographie des signataires de contrats avec l’Etat ou encore à deschercheurs de l’Université de Cambridgede développer des algorithmes pour signaler automatiquement des cas potentiels de corruption.

3 – Le contrôle des lobbys

Les entreprises dépensent chaque année des sommes conséquentes pour influencer les politiques publiques. Des citoyens utilisent alors l’open data pour faire la lumière sur les pratiques de lobbying (qui, comme leur nom l’indiquent, prennent place dans les couloirs des institutions) àBruxelles ou encore à Washington.

4 – La lutte contre la pollution

Que ce soit pour combattre la pollution à Pékin ou les marées noires aux Etats-Unis, les données sur l’environnement obtenues grâce aux infrastructures publiques participent de sa sauvegarde. Leur ouverture facilite le suivi par les citoyens des catastrophes écologiques ou sanitaires.

5 – Rendre des comptes

Des projets pionniers dans l’usage de l’open data ont rendu possible le suivi précis, quotidien ou presque, des travaux parlementaires. Exemple : La Fabrique de la Loi, projet porté conjointement par l’association Regards Citoyens et deux laboratoires de Sciences Po Paris (lemédialab et le Centre d’Etudes Européennes), qui permet de suivre l’évolution de la loi au fil de la procédure parlementaire.

Pour Jonathan Gray, ces dispositifs constituent des ressources indéniables pour stimuler la démocratie. Mais il avertit : l’ouverture de certaines données, notamment financières, reste essentielle pour que les citoyens aient toutes les clefs en main pour exercer pleinement leurs droits de vote et de contrôle.

Publicités